“Bâtir des lieux où l’hospitalité prend corps”

« L’hospitalité commence lorsque l’on accepte de s’adapter et de se mettre au service de l’autre. » Cette phrase pourrait servir de boussole au parcours de Mickaël Rakotomalala, 28 ans, qui accompagne depuis 2021 le développement des projets de la province de France de l’Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu dans l’Océan indien. Ingénieur de formation, Mickaël Rakotomalala met son expertise technique au service de projets complexes, veillant à ce que chaque structure soit à la fois solide dans sa réalisation et fidèle à sa vocation humaine.

Au-delà d’une fonction, le jeune malgache récemment marié se définit d’abord par une place trouvée. Celle d’un collaborateur engagé, qui a accepté de se laisser transformer par la mission. “Je ne vais pas là où c’est facile, je vais là où l’hospitalité est attendue”, confie-t-il. Le témoignage des Frères hospitaliers et de saint Jean de Dieu guide son action quotidienne et donne cohérence à son engagement.

Une mission concrète, au service de l’hospitalité

Son ouverture à l’international l’a conduit à apprendre avec humilité des autres, des bonnes pratiques découvertes ailleurs, et ainsi à ne pas imposer des solutions. À Madagascar comme à Maurice, il avance au rythme des rencontres, convaincu que l’interculturel est une école permanente. “On ne vient pas pour faire à la place des autres, mais pour agir ensemble et coconstruire des réponses adaptées.” Chaque contexte devient ainsi un lieu d’apprentissage et un appel à ajuster les réponses.

Ce qui le fait tenir ? La mission hospitalière elle-même : servir les plus vulnérables, reconnaître une dignité souvent mise à mal et marcher dans la fraternité avec les frères. “On tient dans la durée parce qu’on ne marche jamais seul”, dit-il simplement.

Faire de chaque projet une véritable maison

Dans l’Océan indien, Mickaël pilote les projets de leur conception à la mise en exploitation, en coordonnant études, budgétisation, partenaires et suivi de réalisation, dans le respect des standards internationaux et des réalités locales. Qu’il s’agisse du Refuge Bienheureuse Victoire à Madagascar (cf. page 13), du complexe médico-social du Foyer Père Laval à Port-Louis, de la maison répit à Port-Praslin ou de la remise aux normes de l’Hospice Saint Jean de Dieu à Pamplemousses, il veille à ce que chaque projet allie qualité technique et humanité.

Pour lui, un projet ne se mesure jamais seulement en mètres carrés : “Une structure n’a de sens que si elle devient, pour celui qui souffre, une véritable maison.” Structurer, sécuriser, innover sont essentiels, mais toujours sans perdre l’âme : celle du charisme de saint Jean de Dieu.

Dans une même fraternité

Le travail aux côtés des frères et des équipes locales se vit dans le dialogue et le discernement. “Cette fraternité, nourrie par l’intelligence collective, la prière et l’entraide, permet de traverser la pression, l’exigence du terrain et les réalités humaines complexes. Le terrain rappelle que l’hospitalité n’est jamais acquise : elle se choisit chaque jour, dans la rencontre avec la fragilité et la dignité des personnes.”

Ce qui touche profondément Mickaël dans le charisme de l’Ordre ? C’est cette miséricorde vécue concrètement : une miséricorde qui ne juge pas, qui prend le temps et qui se laisse toucher par la souffrance de l’autre.

Une espérance enracinée

Fidélité et audace, tels sont les enjeux pour l’Ordre dans l’Océan indien. Pérenniser les œuvres, former les équipes, inventer des réponses nouvelles face à des fragilités toujours plus complexes. L’espérance de Mickaël se nourrit de la vitalité des collaborateurs, de la confiance des frères et de la force d’un charisme qui traverse le temps sans perdre son actualité malgré les vicissitudes d’une région qui souffre.

S’il devait résumer son engagement, il dirait simplement : “Contribuer, avec fidélité à être au service des personnes les plus fragiles.”