Nous sommes heureux de vous annoncer la sortie du nouveau numéro du Lien Hospitalier ! Ce numéro est particulièrement inspiré par l’esprit des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, mettant en lumière le sport comme vecteur de fraternité et de soin holistique.

Dans son éditorial, Frère Jean-Guillaume souligne l’importance du sport dans notre démarche d’hospitalité et de soin, rappelant que « le sport est un soin du corps et de l’âme par excellence. » Il nous invite à approfondir notre pratique de l’hospitalité, en prenant exemple sur les valeurs olympiques de persévérance, de don de soi et d’accueil de l’autre.

Le dossier principal, consacré à cette thématique du sport à la lumière de l’Hospitalité, explore notamment comment le sport est intégré dans nos établissements à travers le monde, du Togo à Marseille. On y découvre des initiatives où le sport devient un outil précieux de soin, de prévention et de création de liens sociaux. Un focus historique nous montre par ailleurs combien le sport a toujours été au cœur de la préoccupation des Frères hospitaliers de Saint Jean de Dieu dans le soin des personnes accueillies.

Un des sujets phares de ce numéro est l’annonce et la présentation du projet de nos Messagers de l’Hospitalité. Flore et Valentin, avec leur petite fille Anna, partiront à l’automne à la découverte de la grande famille hospitalière à travers le monde. Ils reviendront chaque année en France partager leurs expériences et découvertes auprès des collaborateurs, frères et résidents des établissements de la Fondation Saint Jean de Dieu. « Ce projet se veut lent, très lent. Nous voulons nous mettre au service des autres en prenant notre temps », explique Valentin. « Un projet un peu fou à l’image de la vie, semée de doutes et d’aléas, de lumière et de joie ; un désir d’abandon, une soif de passer du temps avec les autres, une invitation à se laisser guider et enseigner, accepter de ne pas pouvoir tout contrôler, à ralentir parfois et à foncer quand l’appel du large se fait trop insistant », surenchérit Flore.

Ce numéro du Lien Hospitalier propose également des portraits inspirants, comme celui de Frère Flavien, qui fête ses 70 ans de profession religieuse, ou encore un article sur le Centre hospitalier Saint Jean de Dieu de Lyon, qui célèbre cette année ses 200 ans d’histoire.

Nous vous invitons à plonger dans ces pages riches en histoires et en réflexions, pour découvrir comment l’esprit de saint Jean de Dieu continue d’animer nos actions au quotidien.

Retrouvez ce numéro dès maintenant et laissez-vous inspirer par les valeurs de l’hospitalité et du sport ! 📖✨

La pratique du sport dans la vie religieuse ne va pas vraiment de soi. Et pourtant, chez les frères de saint Jean de Dieu, elle a été encouragée dès le XIXe siècle, en tant que pratique d’hospitalité.

C’est le Frère Gaëtan Corriger, supérieur du Centre Lecourbe de 1871 à 1902, qui fait figure de précurseur dans ce domaine, en demandant un jour aux jeunes frères de sa communauté de ne plus se contenter de surveiller les jeux des enfants pendant la récréation du soir mais d’y participer activement. Bien que surpris, les religieux ont obéi. Mais, peu habitués à ce genre d’exercices, ils s’effondraient ensuite dans leur lit et n’entendaient pas leur réveil lorsque venait l’heure de la ronde nocturne. Le supérieur, contraint de l’effectuer à leur place, ne manquait alors pas de les taquiner à ce sujet et leur expliquait : « depuis que vous jouez avec les enfants, que vous les animez par votre exemple, que vous les tenez en haleine, les mœurs sont meilleures, les nuits sont bonnes et le Bon Dieu est moins offensé »1.

Le sport comme moyen d’inculquer des valeurs morales et de maintenir la bonne harmonie dans la maison, il fallait y penser ! Les frères se sont donc mis au sport, non pas pour entretenir leur propre santé mais par hospitalité, au même titre qu’ils auraient prodigué un soin, pour les bienfaits que ce sport pouvait apporter aux personnes accueillies. Avec leurs pensionnaires, ils ont donc pratiqué le football, la pétanque, puis le basket : uniquement des sports collectifs bien entendu !

Une partie de foot au noviciat (Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu, Paris)

Ce n’est qu’à partir des années 1930 que les frères ont commencé à faire du sport entre eux, pour eux-mêmes. Cette petite révolution est l’œuvre de Frère Ephrem Blandeau, alors supérieur à Dinan, qui a compris que le sport est un temps de détente important, voire nécessaire, aux jeunes religieux. Mais du foot au couvent, cela ne s’était jamais vu ! Ainsi, devant la méfiance du commerçant auquel il achète le tout premier ballon du noviciat, il prétexte que celui-ci est destiné à de jeunes pensionnaires de l’hôpital. Et grâce à la complicité du frère chargé de la ferme, son petit groupe de novices peut trouver le pré idéal pour la pratique de leur sport favori.

A cette époque, impossible pour eux de porter le short et maillot qui composent la tenue règlementaire du joueur de foot : l’habit religieux et les chaussures de frère sont de rigueur en toutes circonstances. Mais peu importe, rien ne les arrête et tant pis si ces vêtements peu pratiques pour courir leur occasionnent de nombreuses chutes et glissades : cela ne fait qu’ajouter de la joie et des rires à l’ambiance de l’hôpital2. Car, les novices, en jouant au football, fournissent aux pensionnaires un spectacle des plus divertissants ! Si divertissant que certains malades les rejoignent volontiers, faisant d’eux les pionniers du sport à l’hôpital psychiatrique.

Partie de basket à l’hôpital psychiatrique
(Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu, Paris)

Cette pratique s’est ensuite beaucoup développée et la tradition des matchs de foot du noviciat a perduré. Je ne parlerai pas des prouesses sportives de l’un ou l’autre frère, leur objectif n’ayant jamais été la performance. Leur plus grand exploit est d’avoir trouvé, par le biais du sport, une autre manière de pratiquer l’hospitalité envers les personnes accueillies et envers leurs confrères, permettant à chacun dans ces moments de détente partagés de troquer son statut de novice, de frère, d’infirmier ou de patient, contre celui de joueur, de coéquipier.


  1. Frère Pierre-Fourier Picard, Frère Gaëtan Corriger, s.d. ↩︎
  2. Frère Urbain Loch, Le Père Ephrem Blandeau, frère de saint Jean de Dieu, 1983. ↩︎

Flore, son mari Valentin et leur fille Anna se lancent dans un projet de vie audacieux où l’aventure, le service et la rencontre sont au cœur. Gestionnaires d’une petite entreprise de location de bateaux à côté de Dinan, où ils ont découvert l’Ordre hospitalier et la Fondation Saint Jean de Dieu, ils souhaitent partir plusieurs mois par an en mer, et revenir le reste de l’année en France pour faire vivre leur entreprise pendant la saison estivale.

Même si, comme toute aventure, la page s’écrira au fur et à mesure en se laissant ouverts à l’inattendu, leur objectif est clair : se mettre au service des autres en donnant de leur temps, en se laissant guider, et en prenant leur temps. Cette aventure a débuté en janvier 2024, par une première escale « test », où ils ont pu aller à la rencontre des Frères hospitaliers, des collaborateurs et des résidents du centre Saint Jean de Dieu de Thiès. Flore et Valentin ont souhaité vivre cette aventure comme une aventure missionnaire, au travers des actions plus que par les paroles.

Un premier contact avec Saint Jean de Dieu de France s’est fait via le Centre hospitalier Dinan / Saint-Brieuc et les Sœurs hospitalières du Sacré-Cœur de Jésus, en mai dernier, pour une rencontre de lancement du projet. D’autres visites sont prévues dans les établissements de la Fondation qui le souhaiteront, au gré du vent de l’aventure ! Vous êtes d’un établissement Saint Jean de Dieu et vous souhaitez en savoir plus ? Contactez-nous !

Merci à Flore et Valentin pour cette belle mission de présence et de transmission au cœur de l’Hospitalité selon Saint Jean de Dieu !