À Saint-Denis, la joie de l’ordination de Frère Emilien

Il y avait, ce samedi 11 avril, quelque chose d’inattendu et de profondément symbolique dans la nef de la Basilique-cathédrale de Saint-Denis. Dix-huit ordinands venus des cinq continents y étaient rassemblés pour recevoir l’ordination diaconale ou presbytérale, au cœur d’un diocèse souvent décrit pour ses fragilités sociales, mais aussi reconnu pour son dynamisme missionnaire. Parmi eux se trouvait un Frère de l’Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu, Frère Emilien.

Dans cette célébration présidée par Mgr Étienne Guillet, la présence de Frère Emilien n’avait rien d’anecdotique, comme l’a rappelé l’évêque de Saint-Denis, un des diocèses les plus pauvres de France. Elle rappelait la vocation même du Frère hospitalier, celle d’être auprès des plus fragiles. Voir ainsi Frère Emilien avancer parmi dix-sept compagnons jésuites donnait à l’événement une portée singulière. Au milieu d’une assemblée internationale, dans un lieu chargé d’histoire, son ordination manifestait la diversité des vocations dans l’Église : certains sont envoyés à la prédication, d’autres à l’enseignement, d’autres encore à l’hospitalité vécue comme chemin d’Évangile.

Dans l’Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu, les frères sont d’abord des religieux consacrés au service des personnes malades, fragiles ou blessées par la vie. Tous ne sont pas appelés au sacerdoce. Quelques-uns seulement, à travers le monde, reçoivent l’ordination diaconale puis sacerdotale, pour servir la mission de l’Ordre jusque dans sa dimension sacramentelle et pastorale.

Pour l’Ordre hospitalier, cette étape est une action de grâce. Le diaconat configure le frère au Christ serviteur : annoncer la Parole, servir l’autel, accompagner le peuple de Dieu, rejoindre les plus pauvres. Autant de missions qui rejoignent intimement le charisme hospitalier né de saint Jean de Dieu.

À travers Frère Emilien, c’est toute la Famille hospitalière qui se réjouit. Son ordination rappelle qu’au cœur du monde contemporain, l’appel à servir demeure vivant. Et que l’Église continue de faire naître des vocations là où beaucoup n’attendent plus rien.