Le 105e Chapitre provincial de la province Saint-Jean-Baptiste, réunissant une trentaine de Frères venus de France, de Madagascar, de l’Île Maurice et de La Réunion, s’est ouvert le 23 février à Paris. Pendant plusieurs jours, les participants auront la responsabilité de discerner les orientations qui guideront la mission hospitalière pour les quatre prochaines années et d’élire la nouvelle équipe de gouvernement provincial.
Un temps spirituel avant d’être organisationnel
La journée d’ouverture a débuté par la célébration de l’eucharistie dans la chapelle du Centre Lecourbe des Frères hospitaliers de Saint Jean de Dieu. La messe était présidée par Frère Christian Clavé et le Père Christophe Kerhardy, jésuite, qui anime le Chapitre tout au long de la semaine.
Au cours de l’homélie, le Père Christophe a replacé les travaux sous le signe de la relecture évangélique. Il a notamment rappelé que « l’hospitalité se vérifie dans des gestes simples comme donner à boire, visiter, accompagner, soigner… »
« Le Royaume de Dieu commence dans un verre d’eau, dans une chemise donnée, dans un morceau de pain partagé. À y regarder de près, la barre du jugement n’est pas très haute : on ne nous demande pas des exploits, mais de la bonté », a-t-il souligné, invitant les capitulaires à discerner non pas à partir de projets théoriques, mais à partir de ce qui a réellement été vécu.
« Le Chapitre n’est donc pas d’abord un exercice administratif, c’est un temps de conversion, un appel à recentrer la mission sur le Christ présent dans les personnes malades et vulnérables. »
Un monde en mutation, une hospitalité à réinventer
Dans son discours d’ouverture, le supérieur général, Frère Pascal Ahodegnon, a élargi la perspective en rappelant le contexte d’un monde marqué par l’intensification des vulnérabilités : précarité accrue, santé mentale fragilisée, vieillissement, crises économiques et climatiques.
Face à ces réalités, il a appelé les Frères à « élargir l’espace de la tente », à sortir des zones de confort et à ne pas se contenter de gérer l’existant. « L’hospitalité, a-t-il insisté, n’est pas un patrimoine à conserver mais une ‘médecine d’urgence’ pour un monde blessé. » Pour y répondre, il a présenté quatre axes : élargir la présence vers les périphéries humaines ; réactualiser le charisme face aux nouvelles pauvretés ; agir avec audace dans les champs social et médico-social ; renouveler la vie consacrée comme source intérieure de la mission.
Relire un mandat : gratitude, lucidité et transmission
La première journée était consacrée au bilan du quadriennat 2022-2026, présenté par le supérieur provincial sortant, Frère Paul-Marie Taufana. Ce dernier a d’abord exprimé sa reconnaissance envers les frères, les collaborateurs laïcs, les bénévoles et partenaires, rappelant que « l’hospitalité ne se décrète pas, elle se reçoit et se transmet. » Sur le plan missionnaire, il a rappelé plusieurs points majeurs de ces 4 dernières années, tels que l’augmentation du nombre de vocations dans l’Océan indien, le déplacement du centre de gravité de la province depuis la France vers l’Océan indien, la nécessité d’un approfondissement de la formation, pour les Frères comme pour les collaborateurs, et enfin un appel à clarifier la gouvernance et à articuler plus justement la relation entre l’Ordre et la Fondation.
« L’avenir ne réside pas d’abord dans la conservation des murs, mais dans la transmission du feu de l’hospitalité. »
Un Chapitre placé sous le signe de la transmission
Les collaborateurs et bénévoles de la Curie provinciale et du territoire de l’Océan indien ont ensuite présenté chacun leurs bilans. Au terme de cette première journée, une même préoccupation apparaît clairement : comment transmettre l’hospitalité dans un monde en mutation, au regard des enjeux sociétaux, éthiques, de laïcité… ?
Les prochains jours seront consacrés au discernement et à la définition des orientations concrètes qui guideront les quatre prochaines années de la vie de la province, ainsi qu’à l’élection du nouveau gouvernement provincial.

