Le 10 mars 2026, plus de 150 personnes se sont réunies au Centre Saint-Barthélemy à Marseille pour célébrer la fête de saint Jean de Dieu, initiateur de l’Ordre hospitalier. Résidents, collaborateurs, bénévoles, Frères et Sœurs des établissements Saint-Barthélemy, Saint-Raphaël, Forbin et Le Bon Pasteur ont partagé ce moment fraternel autour des Messagers de l’hospitalité, qui font le tour du monde à la voile à la rencontre de la Famille hospitalière.

La chapelle du Centre Saint-Barthélemy, pleine pour l’occasion, a accueilli la célébration eucharistique présidée par le Père Angelini, aumônier de l’établissement. Parmi les invités figuraient notamment Frère Mathieu Sisahaye, récemment élu supérieur provincial de la province Saint-Jean-Baptiste, ainsi que Philippe Girard, président de la Fondation Saint Jean de Dieu.

Revenir à une source

Pour Frère Mathieu, vivre cette fête à Marseille revêtait une signification particulière. C’est en effet ici que Frère Paul de Magallon, au XIXᵉ siècle, rassembla ses premiers compagnons avant de restaurer l’Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu après sa disparition à la Révolution. Cette mémoire n’est pas seulement historique, a souligné Frère Mathieu, elle rappelle l’élan missionnaire qui doit continuer d’animer l’Ordre aujourd’hui.

Le provincial a également insisté sur la responsabilité partagée de tous ceux qui participent à la vie des établissements. Religieux, collaborateurs, bénévoles, directions ou résidents, « l’hospitalité n’est pas la propriété de quelques personnes, elle devient réalité chaque fois qu’un regard respecte, qu’une parole relève ou qu’un soin est donné avec délicatesse. »

« Messagers de l’hospitalité »

Le thème choisi pour la fête de saint Jean de Dieu à travers tous les établissements de France et de l’Océan indien, « Ensemble, nous sommes des messagers de l’hospitalité »s’inspire de l’aventure de Flore et Valentin, partis en voilier à la rencontre de la Famille hospitalière à travers le monde.

Présente à Marseille pour l’occasion, Flore a livré un témoignage particulièrement touchant, rappelant que leur voyage n’avait rien d’un exploit héroïque, mais qu’il était avant tout une invitation à changer de regard sur l’autre. Au fil de leurs rencontres, ils ont découvert combien l’hospitalité se vit concrètement dans le quotidien des établissements de l’Ordre.

Pour Flore, « il n’est pas nécessaire de partir en voilier à l’autre bout du monde pour devenir un messager de l’hospitalité. Chacun peut l’être là où il se trouve, auprès d’un voisin qui traverse une épreuve, d’une personne isolée, d’un résident qui attend simplement une présence attentive. L’aventure de l’hospitalité commence souvent par ces gestes simples qui ouvrent une rencontre et redonnent un visage à l’autre. »

Une mission partagée

Cette journée de fête a été marquée par la joie de se retrouver en Famille hospitalière. Pour Frère Mathieu, cette communion reflète l’essentiel de la mission de l’Ordre aujourd’hui, à savoir « faire de l’hospitalité une réalité visible dans les relations, dans les décisions et dans l’attention constante portée aux personnes les plus fragiles. »

« L’hospitalité n’est pas un héritage à conserver sous vitrine, c’est une mission à faire vivre aujourd’hui, ensemble. » 

« Le thème de cette fête vient nous rappeler l’essentiel : nous ne sommes pas appelés à défendre des positions, mais à transmettre un esprit, a rappelé Frère Mathieu. Nous ne sommes pas réunis d’abord par des intérêts, mais par une mission ; nous ne tenons pas ensemble par simple organisation, mais parce que l’hospitalité et tous ceux qui l’ont portée avant nous nous précèdent et nous obligent. »

« Dans un monde en perpétuelle mutation, l’hospitalité doit rester notre boussole, notre étoile, notre ligne de conduite et notre raison d’être. Et si nous voulons en être vraiment les messagers, alors nous devons la rendre visible non seulement dans nos discours, mais aussi dans nos relations, dans notre manière de collaborer, dans notre façon de traverser les désaccords, dans notre souci constant de placer la personne fragile au centre de nos décisions et de nos vies. »

Un envoi en mission

La fête de Saint Jean de Dieu rappelle à chacun sa responsabilité dans la mission hospitalière, a conclu Frère Mathieu.

« Frères, Soeurs, collaborateurs, bénévoles, résidents et amis de l’Ordre sont appelés, chacun à leur place, à devenir des Messagers de l’hospitalité. » 

Et comme l’a rappelé Flore avec simplicité, « il suffit parfois d’un geste, d’une présence ou d’une parole pour que cette hospitalité devienne lumière dans la vie de quelqu’un. » 

À l’occasion de la fête de saint Jean de Dieu, célébrée le 8 mars, le supérieur général de l’Ordre hospitalier, Frère Pascal Ahodegnon, a adressé une lettre à toute la Famille hospitalière. Dans un contexte mondial marqué par les crises et les mutations rapides de nos sociétés, il invite chacun à revenir à la source du charisme : l’hospitalité vécue comme un signe concret de la miséricorde de Dieu. 

Cette lettre résonne particulièrement avec les chapitres provinciaux qui se déroulent actuellement dans de nombreuses provinces de l’Ordre à travers le monde. Ces temps de discernement et de renouvellement sont précisément l’occasion de relire l’héritage de saint Jean de Dieu pour aujourd’hui.

« Nous sommes les temps »

Dans son message, Frère Pascal rappelle que saint Jean de Dieu a lui aussi vécu dans une époque troublée, marquée par la pauvreté, les conflits et de profondes inégalités sociales. Pourtant, c’est précisément dans ce contexte qu’est né le charisme de l’hospitalité. Pour éclairer cette situation, il cite une parole de saint Augustin :

« Ce sont des temps mauvais, des temps pénibles ! dit-on. Mais cherchons à bien vivre, et les temps seront bons. »

Et d’ajouter une interprétation forte :

« Les temps ne sont pas des entités abstraites : ils sont le résultat des choix et des actions des personnes. »

Autrement dit, chaque membre de la Famille hospitalière est appelé à devenir acteur du monde qu’il contribue à façonner. L’hospitalité n’est pas seulement une mission institutionnelle, elle est d’abord une manière d’être et de vivre.

Une hospitalité du cœur

Au cœur du message du supérieur général se trouve une conviction simple mais exigeante : l’hospitalité commence par le regard porté sur l’autre.

« Saint Jean de Dieu nous enseigne une hospitalité du cœur : celle qui commence par considérer l’autre comme un frère. »

Reconnaître dans chaque personne accueillie – malade, pauvre, exilé, collaborateur ou frère – « le visage du Christ souffrant et aimant » constitue, selon lui, le premier miracle de l’hospitalité. Dans un monde souvent marqué par la peur, la fatigue ou la résignation, vivre cette hospitalité signifie ainsi continuer à croire et à espérer :

« Étendre l’hospitalité signifie choisir d’aimer encore, de croire encore, d’espérer encore. »

Un charisme à transmettre

La lettre souligne également que le charisme de saint Jean de Dieu ne se réduit pas à des structures ou à des lieux. « Les institutions peuvent évoluer, mais la force de l’hospitalité demeure lorsqu’elle est vécue comme un feu de charité capable de se transmettre et de prendre de nouvelles formes. » Cette réflexion rejoint directement le sens des chapitres provinciaux actuellement vécus dans l’Ordre et plus particulièrement pour la province de France il y a quelques jours. L’occasion de discerner comment ce charisme peut continuer à répondre aux défis sanitaires, sociaux et spirituels de notre temps.

En conclusion, Frère Pascal invite à profiter de la fête de saint Jean de Dieu pour « raviver le don de l’Hospitalité que nous avons reçu gratuitement ». Dans un monde traversé par l’incertitude, cet appel résonne comme une mission à continuer à soigner, accueillir et aimer, afin que l’hospitalité demeure un signe vivant de l’Évangile au cœur de notre temps.

Ce 8 mars, nous fêtons saint Jean de Dieu, inspirateur de notre Ordre hospitalier et de la Famille hospitalière. A cette occasion, communautés et établissements à travers le monde célèbrent celui qui est reconnu aujourd’hui comme saint patron des malades, du personnel soignant et des hôpitaux. Cette année, nous vivrons cette fête sous le thème des « Messagers de l’hospitalité », inspirés par cette famille qui fait le tour du monde à la voile de la Famille hospitalière de Saint Jean de Dieu depuis maintenant deux ans. L’occasion de se poser avec Flore et Valentin, qui nous rappellent que nous sommes tous appelés à être Messager de l’hospitalité, où que nous soyons, quelles que soient nos capacités et nos fragilités. Et pas forcément sur un bateau autour du monde ! Journal de bord #7…

« N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges. » Lettre aux Hébreux 13-2.

Nous ne sommes ni des héros de l’hospitalité, ni de grands aventuriers, peut-être de simples marins qui avons accepté l’aventure un peu folle d’aller à la rencontre de la grande Famille hospitalière sur notre chemin. Une route peuplée d’anges qui viennent chacun à leur manière nous bousculer et changer notre regard sur le monde.

Et qu’est-ce que l’aventure si ce n’est celle d’aller chaque jour vers l’autre, où que nous soyons et qui que nous soyons ?

Janvier 2024 – avec un peu de retard, à la suite d’une panne technique qui a retenu notre bateau Malo d’Eau aux Canaries, nous frappons à la porte du centre de santé mentale Dalal Xel de Thiès, au Sénégal. Frères, patients et collaborateurs nous y accueillent chaleureusement. D’abord un peu déroutés par cette proximité avec la maladie mentale que nous ne connaissons pas, nous sommes vite chamboulés et touchés par les liens qui se tissent avec les patients et leurs soignants. Notre petite fille Anna, du haut de ses 9 mois, qui se laisse encore facilement trimbaler de bras en bras, est un accélérateur de fraternité. Le masque de la maladie tombe pour laisser place à un visage, un corps et un cœur, avec son histoire, ses maux et ses rêves.

Du Sénégal nous ne parcourrons en deux ans que quelques kilomètres seulement. Mais c’est tout un pays que nous rencontrons au travers de ses résidents. A Thiès et à Fatik dans le Sine Saloum. Ils viennent de loin pour recevoir un traitement et les frères et soignants sont à l’œuvre jours et nuits pour tenter d’apporter un peu de soulagement à leur isolement. Ainsi qu’à leurs familles souvent un peu perdues aussi. De 7h à 14h, l’accueil des consultations de jour ne désemplit pas, l’hôpital de nuit se remplit selon les besoins, et le samedi l’équipe médicale part en consultation ambulatoire à travers le pays pour se rendre accessible à ceux qui ne peuvent se déplacer. Un dévouement constant et déroutant.

De retour en France pour quelques mois à l’été 2024, ce sont les anges du centre médico-social du Croisic qui nous prennent sous leurs ailes lors du premier forum de l’hospitalité auxquels nous sommes conviés. Le début d’une longue série de rencontres et d’échanges en visio dans la salle Oasis, qui porte bien son nom. On s’y rassemble à la source pour partager avec les résidents notre voyage, un goûter, une anecdote, écouter leurs histoires et leurs quotidiens qui nous rappellent que l’on peut échanger un morceau de vie avec chacun, partout où nous sommes, quelle que soit notre condition. Nous sommes profondément touchés par la fraternité et le souci de l’autre qui unis résidents, bénévoles, animateurs, frères et collaborateurs. Des héros de l’hospitalité au quotidien.

Emmanuelle, qui prenait tant de soin à garder contact avec nous pendant nos virées en mer, a pris son envol le jour de notre dernière visio, le 24 février 2026, laissant un grand vide derrière elle.

Nos rendez-vous au Centre Lecourbe à Paris et au Centre Hospitalier Dinan / Saint-Brieuc à quelques pas de chez nous en Bretagne ont la même saveur de fraternité et d’hospitalité. Une saveur exotique dans un monde trop souvent replié sur soi, engourdi dans le confort du quotidien et cristallisé par la peur de l’autre.

Ne sommes-nous pas tous appelés à être des messagers sans bateau ? Pour paraphraser Madeleine Delbrël dans son œuvre Missionnaires sans Bateau (1943). A sortir de nous-mêmes pour aller vers l’autre ? A apporter un peu de lumière là où le soleil s’est effacé ? « Le soleil il arrive » nous dit Anna tous les matins.

  • Messager vers… notre voisin qui n’a pas l’air bien ce matin.
  • Messager vers… cette personne avec qui l’on prend le temps de discuter un peu plus qu’à l’accoutumer.
  • Messager vers… cette foule qui nous fait un peu peur ou ce lieu que l’on n’a pas encore osé visiter.
  • Messager vers… cette proposition que l’on nous a faite qui nous semble insurmontable.

A l’approche de la fête de saint Jean de Dieu qui s’annonce du Croisic à Madagascar en passant par Paris et Marseille, aux couleurs des messagers de l’hospitalité, cet appel retentit d’autant plus fort. Et c’est chacun avec notre histoire, nos conditions de vies et nos moyens que nous pouvons oser y répondre. L’hospitalité ne déçoit pas. Mieux que cela, elle réfléchit la lumière et vous avez été nombreux à nous le témoigner ces deux dernières années.

À partir de ce samedi 28 février, nous entrons dans les neuf jours de prière qui nous conduisent à la fête de saint Jean de Dieu, célébrée le 8 mars. Cette neuvaine s’inscrit cette année dans un contexte particulier pour l’Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu, à la suite du 105ᵉ Chapitre provincial de la province de France et de l’Océan Indien.

À l’issue de ce temps de discernement et d’élection, Frère Mathieu a été nommé nouveau provincial. Ce nouveau mandat est un moment important pour la vie de la province. Cette neuvaine sera ainsi aussi l’occasion de porter dans la prière les Frères, leurs missions et les orientations prises pour les années à venir.

Marcher à la suite de saint Jean de Dieu

Jean de Dieu (1495-1550), fondateur des Frères hospitaliers, est reconnu comme saint patron des malades, des hôpitaux et des soignants. Converti après une vie marquée par de nombreux bouleversements, il consacra son existence à l’accueil et au soin des plus pauvres et des malades à Grenade. Son témoignage demeure d’actualité, 500 ans après : voir dans chaque personne souffrante le visage du Christ et répondre par une hospitalité concrète, humble et inventive.

“Ensemble, soyons des messagers de l’hospitalité”

Le thème choisi pour la fête de cette année nous invite à vivre l’hospitalité non comme une notion abstraite, mais comme une attitude intérieure et un engagement quotidien. Dans un monde traversé par l’isolement, la fragilité et la maladie, nous sommes appelés à devenir, chacun à notre place au sein de la Famille hospitalière de Saint Jean de Dieu, des messagers d’hospitalité et d’espérance.

Cette neuvaine, proposée sur la plateforme Hozana.org, nous permettra de nous unir à la mission d’hospitalité à laquelle nous sommes tous invités à la suite de saint Jean de Dieu, religieux et laïcs. Chaque jour, du 28 février au 8 mars, nous vous proposons une méditation. Nous confierons particulièrement les personnes malades, les soignants, aidants et familles, les œuvres de l’Ordre et ceux qui y vivent ou y travaillent, ainsi que la province de France et de l’Océan Indien, au début du mandat du nouveau gouvernement provincial, afin que l’Esprit Saint guide son service et fortifie les Frères dans leur mission.

Confiez vos intentions de prière

Chacun est invité à transmettre ses intentions de prière. Elles seront portées tout au long de ces neuf jours dans les communautés des Frères de la province. N’hésitez pas à les déposer en cliquant sur le lien ci-dessous👇

Déposer une intention de prière

Que cette neuvaine nous aide à grandir ensemble dans l’hospitalité et à devenir, là où nous sommes, de véritables messagers de l’hospitalité.

Après plusieurs jours de discernement, de débats et de prière, le 105e Chapitre provincial de la province Saint Jean Baptiste (France et Océan Indien) s’est achevé le 27 février 2026 à Paris. Après la validation des orientations définies tout au long du Chapitre, capitulants, invités, résidents et collaborateurs se sont retrouvés dans la chapelle du Centre Lecourbe pour la messe de clôture.

Dans son discours final, le supérieur général, Frère Pascal Ahodegnon, a rappelé le sens de cet événement qui se déroule tous les quatre ans dans chaque province de l’Ordre à travers le monde. « Le Chapitre a été un événement spirituel, soutenu et accompagné par le Saint-Esprit qui nous a guidés dans toutes ses phases. »

Frère Pascal s’est réjoui de « l’expérience de communion et de synodalité vécue tout au long du processus, depuis la phase préparatoire jusqu’aux travaux en assemblée. »

« Collaborateurs, Frères, bénévoles, amis, tous ont contribué à rendre visible ‘l’Ordre synodal’ en acte. »

Parmi les priorités réaffirmées durant ce Chapitre, le supérieur général a plus particulièrement cité le renforcement de la vie spirituelle et fraternelle, la formation initiale et permanente, la pastorale des vocations, et la revitalisation de l’École d’Hospitalité. « Prenez soin du Charisme. Prenez soin les uns des autres », a-t-il conclu, appelant par ailleurs le nouveau gouvernement provincial à consolider les liens entre provinces en Europe du Sud et à poursuivre la structuration de l’Océan Indien.

Les orientations, « une boussole de feu »

En tant que nouveau provincial – élu la veille –, Frère Mathieu Sisahaye a ensuite pris la parole. Son premier mot a été celui de la reconnaissance. Reconnaissance pour le travail accompli, pour l’unité vécue avec l’Ordre universel, pour le service du provincial sortant, Frère Paul-Marie Taufana, et pour tous ceux qui ont permis un discernement constructif tout au long de ce Chapitre. Il a par ailleurs donné le ton de ce nouveau mandat qui commence. « Les orientations que nous avons adoptées aujourd’hui ne doivent pas rester un texte de papier. Elles doivent devenir notre boussole de feu. »

« Diffuser l’hospitalité dans un monde en mutation n’est pas un slogan pour nos brochures. C’est un acte prophétique, dans un monde souvent dur et fragmenté. »

L’hospitalité, une œuvre collective

A l’occasion de la messe de clôture, le Père jésuite Christophe Kerhardy, qui accompagne les Frères depuis plus de cinq ans, a repris la parabole du Bon Samaritain pour rappeler que l’hospitalité est toujours une œuvre d’équipe : « le Samaritain, l’âne, l’aubergiste… chacun a sa part. » Ainsi, aux côtés des Frères, il a rappelé l’importance d’œuvrer ensemble, collaborateurs, bénévoles, mais aussi les personnes accueillies elles-mêmes, « qui diffusent l’hospitalité dans un monde en mutation par leur courage et leur goût de vivre. »

Une province appelée à marcher ensemble

Alors qu’une nouvelle page se tourne dans l’histoire de l’Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu en France et dans l’Océan indien, Frère Mathieu Sisahaye a rappelé l’ampleur de la tâche qui attend la province. « Tant mieux si nos besoins sont exigeants. Ils nous arrachent à la routine qui endort le charisme. Ils seront féconds si nous gardons un seul regard, celui porté sur la personne vulnérable qui nous est confiée. » Il a insisté pour que tous avancent ensemble sur ce chemin exigeant.

« La Province n’avancera que si chacun – Frère, Sœur, collaborateur – prend sa part dans un esprit de coresponsabilité. Je n’ai pas vocation à être un héros solitaire. Mon désir profond est d’être un Frère parmi les Frères, un serviteur de l’unité et un veilleur sur la mission. Si nous marchons ensemble, pas à pas, nous ne craindrons aucun défi, car l’hospitalité est une force qui ouvre l’avenir. »

 

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Discours de clôture du 105e Chapitre provincial

Frère Mathieu, Provincial

 

Frères Pascal et Joaquim,

Chers membres de l’Assemblée capitulaire,

Au Père Christophe, Vincent, Antoine et Marie,

A vous tous, frères et collaborateurs, amis de notre famille hospitalière,

Avant que le Père Général ne vienne clore nos travaux – placés sous l’appel de « Diffuser l’hospitalité dans un monde en mutation » – je reçois de vos mains cette mission de service. Je voudrais vous dire quelques mots simples, habités par une seule certitude : nous ne sommes pas seuls sur cette traversée.

Si je regarde le chemin parcouru ces derniers jours, mon premier sentiment est celui d’une profonde reconnaissance. Ce temps a été une véritable visitation de l’Esprit.

Depuis la voix du terrain, en métropole comme dans l’Océan Indien, jusqu’aux reformulations de l’assemblée pré-capitulaire, et enfin ici, au cœur de ce 105e Chapitre, nous avons travaillé, prié, débattu. Nous avons surtout discerné ensemble, cherchant sous le bruit du monde la note juste de notre mission d’hospitalité.

Cette quête commune, nous ne l’avons pas menée isolément.

Je salue avec une fraternité soulignée Frère Pascal Ahodegnon, notre Supérieur général, ainsi que les Frères Joaquim et Étienne. Votre présence à nos côtés n’a pas été une simple formalité. Elle a été le signe visible de notre unité avec l’Ordre universel. Merci de nous avoir guidés avec cette autorité qui n’impose pas, mais qui suscite la vie.

Ma reconnaissance s’étend à ceux qui ont rendu ce discernement possible dans le concret de nos journées :

  • Merci au Père Christophe, qui a été le gardien de la source : par ton animation, la Parole de Dieu n’a pas seulement été citée, elle est restée le centre de gravité de nos échanges.
  • Merci à Vincent, qui a bâti le temple de notre parole : grâce à ta méthode, notre liberté a trouvé son ordre et notre audace sa mesure.
  • Merci à Marie, dont la discrétion est le reflet de l’efficacité du cœur : ton travail silencieux est désormais gravé dans l’histoire de notre province.
  • Enfin, merci à l’équipe de la Curie, ces mains invisibles sans lesquelles ce corps provincial ne pourrait agir.

Mais au-delà de l’organisation de ce Chapitre, c’est l’histoire même de notre Province qui s’écrit dans la continuité des visages qui l’ont servie. C’est pourquoi je veux exprimer un hommage reconnaissant à notre Provincial sortant.

Cher Frère Paul-Marie, durant huit années, tu as porté cette mission avec un courage et une persévérance qui forcent le respect. Tu as guidé notre famille à travers les croissances et les épreuves avec un souci constant de la communion. Tu nous remets aujourd’hui une maison ouverte. Au nom de tous : merci pour ton dévouement total et, plus que tout, pour ton amour de notre famille religieuse. Tu as gardé la lampe allumée ; nous tâcherons, ensemble, de ne pas la laisser faiblir.

C’est précisément cette lumière que nous sommes appelés à porter au dehors, car ce Chapitre a révélé notre véritable visage : celui d’une fraternité qui ne nie pas les tensions, mais qui choisit de les traverser pour chercher la vérité.

Comme l’a prononcé le Père Général dans son mot introductif, « Diffuser l’hospitalité dans un monde en mutation » n’est pas un slogan pour nos brochures. C’est un acte prophétique. Dans un monde souvent dur et fragmenté, notre présence auprès des plus fragiles est l’Évangile en actes. C’est rendre à l’homme sa dignité d’enfant de Dieu par une écoute et une présence vraies.

Pourtant, soyons lucides : les orientations que nous avons adoptées aujourd’hui ne doivent pas rester un texte de papier. Elles doivent devenir notre boussole de feu. Je vous le dis avec humilité : cette ambition dépasse les seules forces d’un Provincial ou d’un Conseil.

La Province n’avancera que si chacun – frère, sœur, collaborateur – prend sa part dans un esprit de coresponsabilité. Nos besoins sont exigeants ? Tant mieux. Ils nous arrachent à la routine qui endort le charisme. Ils seront féconds si nous gardons un seul regard, celui porté sur la personne vulnérable qui nous est confiée.

Pour ma part, je ne suis pas saint Jean de Dieu. Je n’ai pas vocation à être un héros solitaire. Mon désir profond est d’être un frère parmi les frères, un serviteur de l’unité et un veilleur sur la mission. Si nous marchons ensemble, pas à pas, nous ne craindrons aucun défi, car l’hospitalité est une force qui ouvre l’avenir.

Pour conclure, je nous laisse cette image simple : une Province, c’est une main. Nos doigts sont différents, nos rôles divergent, nos forces varient. Mais c’est une seule main. Une main pour bénir, pour soigner, pour relever. Restons unis comme les cinq doigts de la main, non pour nous replier en un poing fermé, mais pour rester une main tendue vers l’autre.

Que le Seigneur et Saint Jean de Dieu bénissent notre Province et nous accordent cette fidélité créative dont nous aurons besoin.

À vous toutes et à vous tous, merci.

 

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Frère Mathieu Sisahaye, a été élu supérieur provincial de France et de l’Océan indien le 26 février 2026 à Paris. Originaire de La Réunion, Frère Mathieu succède à Frère Paul-Marie Taufana, dont il était le 1er conseiller provincial.

Agé de 67 ans, Frère Mathieu Sisahaye est né à Grand-Ilet sur l’île de La Réunion. Il est entré dans l’Ordre en 1975 et a fait profession solennelle en 1988. Il a notamment fait partie des trois Frères qui ont fondé la première communauté de l’Ordre à Madagascar en 2008.

Le nouveau supérieur provincial sera accompagné de quatre conseillers, élus dans l’après-midi du même jour :

Fr. Didier Lacau, 1er Conseiller

Fr. Jean-Guillaume Rasolondraibe, 2ème Conseiller

Fr. Emilien Ratsimandresy, 3ème Conseiller

Fr. Paul-Marie Taufana, 4ème Conseiller

Aujourd’hui, la province de France et de l’Océan indien des Frères de Saint Jean de Dieu compte une soixantaine de religieux qui œuvrent dans des structures sanitaires, sociales et médico-sociales en France, à Madagascar, à l’Île Maurice et à La Réunion avec le soutien de près de 2000 collaborateurs.

Présents sur les cinq continents, dans 54 pays, près de 1000 Frères hospitaliers accueillent, accompagnent et soignent plus d’un million de personnes en situation de vulnérabilité dans plus de 400 œuvres apostoliques, avec l’aide professionnelle de quelque 60 000 collaborateurs laïcs.

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Les Frères hospitaliers de Saint Jean de Dieu, réunis pour le 105ᵉ Chapitre provincial, sont entrés ce 26 février au soir dans la phase décisive de discernement qui précède l’élection du nouveau provincial et de son conseil. Après les temps d’écoute, de partage et de relecture, l’heure est désormais au silence, à l’intériorité et au discernement.

Dans cette étape déterminante pour la province, l’Ordre choisit de se placer humblement sous la lumière de la Parole de Dieu. L’homélie prononcée par l’un des facilitateurs du Chapitre, le Père Christophe Kerhardy, a permis d’éclairer ce moment particulier. A travers la figure de Jonas, il a rappelé que « Dieu confie sa mission à des hommes fragiles », qu’il relève et qu’il envoie, et que le véritable signe attendu n’est pas spectaculaire, « mais celui d’une communauté qui écoute et se convertit. »

Alors que commence ce temps de discernement électif, les Frères entrent volontairement dans une période de réserve et de silence. Ils confient l’avenir de la province à la prière de tous : Frères, collaborateurs, bénévoles, bienfaiteurs et amis de l’Ordre. Que chacun puisse s’unir à cette démarche spirituelle, afin que celui qui sera appelé au service de provincial soit, selon les mots du Père Christophe Kerhardy, « un signe de don, de paix et de service. »

Jonas,

Un homme de Dieu hésitant, une mission vécue à contre cœur, un prophète récalcitrant, une course missionnaire interrompue et trois jours perdus dans le ventre de la baleine au fond de l’abîme… Et soudain, la vie qui remonte, la parole qui est relancée et la ville qui se convertit, homme et animaux, petit et gros bétail disposés à écouter Dieu.

Jésus se saisit de cette épisode et déclare : « Il n’y a pas de signe plus grand. » Jonas, le plus grand signe de la Bible.

La grandeur du signe, ce n’est pas la tempête qui s’apaise, ni le ventre de la baleine, ni un prodige éclatant dans le ciel ; la grandeur du signe de Jonas c’est une communauté qui écoute, une communauté qui change, une communauté qui se convertit ; la grandeur du signe de Jonas, c’est Ninive. Le grande ville  s’ajuste à la volonté du Seigneur.

Le monde d’aujourd’hui réclame des signes, des garanties, des preuves, mais Dieu répond par une voix discrète, douce, fidèle, et pourtant dans un appel insistant. Sa voix  traverse les siècles et dit : « Convertis-toi et vis. »

Dans nos jours fatigués, où l’espérance tremble, où la foi se cache, où l’amour vacille, Jésus demeure le signe le plus parlant.

Il est la lumière que la nuit ne peut avaler, la résurrection qui ne se dément jamais, la promesse plus forte que le déclin.

Et maintenant, Frères, alors que notre chapitre se prépare à choisir un Frère pour la mission de provincial, écoutons la leçon de Jonas : Dieu fait confiance à des hommes fragiles ; il les relève, il les envoie, il les rend capables d’être au service des autres.

Que celui qui sera élu devienne un signe parmi nous :

  • un signe de don,
  • un signe de paix,
  • un signe de service.

Et que nous tous, portés par l’Esprit, soyons comme le peuple de Ninive qui entend la Parole, qui l’accueille et décide d’en vivre. Louons l’hospitalité de Ninive et laissons-nous inspirer par sa conversion expresse. Amen.

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Le Chapitre provincial donne souvent l’image d’un moment à part, presque suspendu. Pourtant, derrière ces quelques jours de discernement, plusieurs mois de travail ont précédé. Vincent Taillandier, facilitateur du Chapitre aux côtés du Père Christophe Kerhardy, et coach professionnel, revient sur la démarche engagée par la province.

Un Chapitre, ce n’est pas seulement quelques jours de réunion…

On a parfois l’impression que le Chapitre est une bulle, un moment clos, presque un conclave. En réalité, pour la province de France, l’ambition a été de construire les orientations ensemble, par un travail de réflexion en amont avec l’ensemble des membres de la Famille hospitalière.

La démarche s’est structurée en trois étapes. D’abord, un large temps de conversations sur le terrain autour des grands enjeux auquel l’Ordre fait face aujourd’hui. Huit rencontres ont été organisées, en France métropolitaine et dans l’Océan indien, réunissant Frères, collaborateurs, bénévoles, résidents, Sœurs. Près de mille contributions ont été recueillies. Elles expriment à la fois un vécu, des attentes, des points de vigilance et des propositions concrètes.

Avant l’ouverture du Chapitre proprement dit, une assemblée pré-capitulaire a ensuite permis de travailler ce matériel et de le synthétiser pour le transmettre au discernement des Frères. Le Chapitre s’inscrit donc dans une dynamique de continuité : accueillir, transformer, discerner.

Comment facilitez-vous un tel processus, en particulier au sein d’une congrégation religieuse ?

Il existe de nombreuses similitudes entre le fonctionnement d’une congrégation et celui d’une association, qui est mon cœur de métier. La particularité tient à la dimension spirituelle et communautaire, qui ajoute une profondeur supplémentaire au travail collectif.

L’enjeu majeur est d’inciter les participants à s’ouvrir, à être prêts à écouter des idées nouvelles, à se laisser déplacer. Nous sommes tous, Frères ou laïcs, limités par nos habitudes, nos schémas de pensée. Le travail collectif permet justement de dépasser ces limites.

Les Frères parlent volontiers d’écoute de l’Esprit Saint. Je le comprends comme une disponibilité intérieure : accueillir la parole de l’autre, accepter qu’elle nous transforme. La diversité des parcours, des cultures, des histoires au sein de la province est une richesse considérable, à condition de consentir à cette ouverture.

Quel message adresseriez-vous au futur gouvernement provincial ?

Il y a aujourd’hui déjà de nombreux messages forts issus de tout ce travail ! Peut-être n’en mesurons-nous pas encore toutes les conséquences. Le défi sera de s’approprier ces orientations et de discerner comment les mettre en œuvre concrètement.

La question sera, aussitôt après le Chapitre, de savoir par quoi commencer. Quel premier pas poser, qui en appellera d’autres ? Comment rester dans le dialogue et le discernement tout au long des quatre années à venir ? Le contexte peut évoluer, des priorités peuvent changer. L’essentiel sera de garder vivante cette capacité collective à écouter, à ajuster, à chercher ensemble une voie.

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Le 105e Chapitre provincial de la province Saint-Jean-Baptiste, réunissant une trentaine de Frères venus de France, de Madagascar, de l’Île Maurice et de La Réunion, s’est ouvert le 23 février à Paris. Pendant plusieurs jours, les participants auront la responsabilité de discerner les orientations qui guideront la mission hospitalière pour les quatre prochaines années et d’élire la nouvelle équipe de gouvernement provincial.

Un temps spirituel avant d’être organisationnel

La journée d’ouverture a débuté par la célébration de l’eucharistie dans la chapelle du Centre Lecourbe des Frères hospitaliers de Saint Jean de Dieu. La messe était présidée par Frère Christian Clavé et le Père Christophe Kerhardy, jésuite, qui anime le Chapitre tout au long de la semaine.

Au cours de l’homélie, le Père Christophe a replacé les travaux sous le signe de la relecture évangélique. Il a notamment rappelé que « l’hospitalité se vérifie dans des gestes simples comme donner à boire, visiter, accompagner, soigner… »

« Le Royaume de Dieu commence dans un verre d’eau, dans une chemise donnée, dans un morceau de pain partagé. À y regarder de près, la barre du jugement n’est pas très haute : on ne nous demande pas des exploits, mais de la bonté », a-t-il souligné, invitant les capitulaires à discerner non pas à partir de projets théoriques, mais à partir de ce qui a réellement été vécu.

« Le Chapitre n’est donc pas d’abord un exercice administratif, c’est un temps de conversion, un appel à recentrer la mission sur le Christ présent dans les personnes malades et vulnérables. »

Un monde en mutation, une hospitalité à réinventer

Dans son discours d’ouverture, le supérieur général, Frère Pascal Ahodegnon, a élargi la perspective en rappelant le contexte d’un monde marqué par l’intensification des vulnérabilités : précarité accrue, santé mentale fragilisée, vieillissement, crises économiques et climatiques.

Face à ces réalités, il a appelé les Frères à « élargir l’espace de la tente », à sortir des zones de confort et à ne pas se contenter de gérer l’existant. « L’hospitalité, a-t-il insisté, n’est pas un patrimoine à conserver mais une ‘médecine d’urgence’ pour un monde blessé. » Pour y répondre, il a présenté quatre axes : élargir la présence vers les périphéries humaines ; réactualiser le charisme face aux nouvelles pauvretés ; agir avec audace dans les champs social et médico-social ; renouveler la vie consacrée comme source intérieure de la mission.

Relire un mandat : gratitude, lucidité et transmission

La première journée était consacrée au bilan du quadriennat 2022-2026, présenté par le supérieur provincial sortant, Frère Paul-Marie Taufana. Ce dernier a d’abord exprimé sa reconnaissance envers les frères, les collaborateurs laïcs, les bénévoles et partenaires, rappelant que « l’hospitalité ne se décrète pas, elle se reçoit et se transmet. » Sur le plan missionnaire, il a rappelé plusieurs points majeurs de ces 4 dernières années, tels que l’augmentation du nombre de vocations dans l’Océan indien, le déplacement du centre de gravité de la province depuis la France vers l’Océan indien, la nécessité d’un approfondissement de la formation, pour les Frères comme pour les collaborateurs, et enfin un appel à clarifier la gouvernance et à articuler plus justement la relation entre l’Ordre et la Fondation.

« L’avenir ne réside pas d’abord dans la conservation des murs, mais dans la transmission du feu de l’hospitalité. »

Un Chapitre placé sous le signe de la transmission

Les collaborateurs et bénévoles de la Curie provinciale et du territoire de l’Océan indien ont ensuite présenté chacun leurs bilans. Au terme de cette première journée, une même préoccupation apparaît clairement : comment transmettre l’hospitalité dans un monde en mutation, au regard des enjeux sociétaux, éthiques, de laïcité… ?

Les prochains jours seront consacrés au discernement et à la définition des orientations concrètes qui guideront les quatre prochaines années de la vie de la province, ainsi qu’à l’élection du nouveau gouvernement provincial.

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