Après plusieurs jours de discernement, de débats et de prière, le 105e Chapitre provincial de la province Saint Jean Baptiste (France et Océan Indien) s’est achevé le 27 février 2026 à Paris. Après la validation des orientations définies tout au long du Chapitre, capitulants, invités, résidents et collaborateurs se sont retrouvés dans la chapelle du Centre Lecourbe pour la messe de clôture.

Dans son discours final, le supérieur général, Frère Pascal Ahodegnon, a rappelé le sens de cet événement qui se déroule tous les quatre ans dans chaque province de l’Ordre à travers le monde. « Le Chapitre a été un événement spirituel, soutenu et accompagné par le Saint-Esprit qui nous a guidés dans toutes ses phases. »

Frère Pascal s’est réjoui de « l’expérience de communion et de synodalité vécue tout au long du processus, depuis la phase préparatoire jusqu’aux travaux en assemblée. »

« Collaborateurs, Frères, bénévoles, amis, tous ont contribué à rendre visible ‘l’Ordre synodal’ en acte. »

Parmi les priorités réaffirmées durant ce Chapitre, le supérieur général a plus particulièrement cité le renforcement de la vie spirituelle et fraternelle, la formation initiale et permanente, la pastorale des vocations, et la revitalisation de l’École d’Hospitalité. « Prenez soin du Charisme. Prenez soin les uns des autres », a-t-il conclu, appelant par ailleurs le nouveau gouvernement provincial à consolider les liens entre provinces en Europe du Sud et à poursuivre la structuration de l’Océan Indien.

Les orientations, « une boussole de feu »

En tant que nouveau provincial – élu la veille –, Frère Mathieu Sisahaye a ensuite pris la parole. Son premier mot a été celui de la reconnaissance. Reconnaissance pour le travail accompli, pour l’unité vécue avec l’Ordre universel, pour le service du provincial sortant, Frère Paul-Marie Taufana, et pour tous ceux qui ont permis un discernement constructif tout au long de ce Chapitre. Il a par ailleurs donné le ton de ce nouveau mandat qui commence. « Les orientations que nous avons adoptées aujourd’hui ne doivent pas rester un texte de papier. Elles doivent devenir notre boussole de feu. »

« Diffuser l’hospitalité dans un monde en mutation n’est pas un slogan pour nos brochures. C’est un acte prophétique, dans un monde souvent dur et fragmenté. »

L’hospitalité, une œuvre collective

A l’occasion de la messe de clôture, le Père jésuite Christophe Kerhardy, qui accompagne les Frères depuis plus de cinq ans, a repris la parabole du Bon Samaritain pour rappeler que l’hospitalité est toujours une œuvre d’équipe : « le Samaritain, l’âne, l’aubergiste… chacun a sa part. » Ainsi, aux côtés des Frères, il a rappelé l’importance d’œuvrer ensemble, collaborateurs, bénévoles, mais aussi les personnes accueillies elles-mêmes, « qui diffusent l’hospitalité dans un monde en mutation par leur courage et leur goût de vivre. »

Une province appelée à marcher ensemble

Alors qu’une nouvelle page se tourne dans l’histoire de l’Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu en France et dans l’Océan indien, Frère Mathieu Sisahaye a rappelé l’ampleur de la tâche qui attend la province. « Tant mieux si nos besoins sont exigeants. Ils nous arrachent à la routine qui endort le charisme. Ils seront féconds si nous gardons un seul regard, celui porté sur la personne vulnérable qui nous est confiée. » Il a insisté pour que tous avancent ensemble sur ce chemin exigeant.

« La Province n’avancera que si chacun – Frère, Sœur, collaborateur – prend sa part dans un esprit de coresponsabilité. Je n’ai pas vocation à être un héros solitaire. Mon désir profond est d’être un Frère parmi les Frères, un serviteur de l’unité et un veilleur sur la mission. Si nous marchons ensemble, pas à pas, nous ne craindrons aucun défi, car l’hospitalité est une force qui ouvre l’avenir. »

 

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Discours de clôture du 105e Chapitre provincial

Frère Mathieu, Provincial

 

Frères Pascal et Joaquim,

Chers membres de l’Assemblée capitulaire,

Au Père Christophe, Vincent, Antoine et Marie,

A vous tous, frères et collaborateurs, amis de notre famille hospitalière,

Avant que le Père Général ne vienne clore nos travaux – placés sous l’appel de « Diffuser l’hospitalité dans un monde en mutation » – je reçois de vos mains cette mission de service. Je voudrais vous dire quelques mots simples, habités par une seule certitude : nous ne sommes pas seuls sur cette traversée.

Si je regarde le chemin parcouru ces derniers jours, mon premier sentiment est celui d’une profonde reconnaissance. Ce temps a été une véritable visitation de l’Esprit.

Depuis la voix du terrain, en métropole comme dans l’Océan Indien, jusqu’aux reformulations de l’assemblée pré-capitulaire, et enfin ici, au cœur de ce 105e Chapitre, nous avons travaillé, prié, débattu. Nous avons surtout discerné ensemble, cherchant sous le bruit du monde la note juste de notre mission d’hospitalité.

Cette quête commune, nous ne l’avons pas menée isolément.

Je salue avec une fraternité soulignée Frère Pascal Ahodegnon, notre Supérieur général, ainsi que les Frères Joaquim et Étienne. Votre présence à nos côtés n’a pas été une simple formalité. Elle a été le signe visible de notre unité avec l’Ordre universel. Merci de nous avoir guidés avec cette autorité qui n’impose pas, mais qui suscite la vie.

Ma reconnaissance s’étend à ceux qui ont rendu ce discernement possible dans le concret de nos journées :

  • Merci au Père Christophe, qui a été le gardien de la source : par ton animation, la Parole de Dieu n’a pas seulement été citée, elle est restée le centre de gravité de nos échanges.
  • Merci à Vincent, qui a bâti le temple de notre parole : grâce à ta méthode, notre liberté a trouvé son ordre et notre audace sa mesure.
  • Merci à Marie, dont la discrétion est le reflet de l’efficacité du cœur : ton travail silencieux est désormais gravé dans l’histoire de notre province.
  • Enfin, merci à l’équipe de la Curie, ces mains invisibles sans lesquelles ce corps provincial ne pourrait agir.

Mais au-delà de l’organisation de ce Chapitre, c’est l’histoire même de notre Province qui s’écrit dans la continuité des visages qui l’ont servie. C’est pourquoi je veux exprimer un hommage reconnaissant à notre Provincial sortant.

Cher Frère Paul-Marie, durant huit années, tu as porté cette mission avec un courage et une persévérance qui forcent le respect. Tu as guidé notre famille à travers les croissances et les épreuves avec un souci constant de la communion. Tu nous remets aujourd’hui une maison ouverte. Au nom de tous : merci pour ton dévouement total et, plus que tout, pour ton amour de notre famille religieuse. Tu as gardé la lampe allumée ; nous tâcherons, ensemble, de ne pas la laisser faiblir.

C’est précisément cette lumière que nous sommes appelés à porter au dehors, car ce Chapitre a révélé notre véritable visage : celui d’une fraternité qui ne nie pas les tensions, mais qui choisit de les traverser pour chercher la vérité.

Comme l’a prononcé le Père Général dans son mot introductif, « Diffuser l’hospitalité dans un monde en mutation » n’est pas un slogan pour nos brochures. C’est un acte prophétique. Dans un monde souvent dur et fragmenté, notre présence auprès des plus fragiles est l’Évangile en actes. C’est rendre à l’homme sa dignité d’enfant de Dieu par une écoute et une présence vraies.

Pourtant, soyons lucides : les orientations que nous avons adoptées aujourd’hui ne doivent pas rester un texte de papier. Elles doivent devenir notre boussole de feu. Je vous le dis avec humilité : cette ambition dépasse les seules forces d’un Provincial ou d’un Conseil.

La Province n’avancera que si chacun – frère, sœur, collaborateur – prend sa part dans un esprit de coresponsabilité. Nos besoins sont exigeants ? Tant mieux. Ils nous arrachent à la routine qui endort le charisme. Ils seront féconds si nous gardons un seul regard, celui porté sur la personne vulnérable qui nous est confiée.

Pour ma part, je ne suis pas saint Jean de Dieu. Je n’ai pas vocation à être un héros solitaire. Mon désir profond est d’être un frère parmi les frères, un serviteur de l’unité et un veilleur sur la mission. Si nous marchons ensemble, pas à pas, nous ne craindrons aucun défi, car l’hospitalité est une force qui ouvre l’avenir.

Pour conclure, je nous laisse cette image simple : une Province, c’est une main. Nos doigts sont différents, nos rôles divergent, nos forces varient. Mais c’est une seule main. Une main pour bénir, pour soigner, pour relever. Restons unis comme les cinq doigts de la main, non pour nous replier en un poing fermé, mais pour rester une main tendue vers l’autre.

Que le Seigneur et Saint Jean de Dieu bénissent notre Province et nous accordent cette fidélité créative dont nous aurons besoin.

À vous toutes et à vous tous, merci.

 

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Frère Mathieu Sisahaye, a été élu supérieur provincial de France et de l’Océan indien le 26 février 2026 à Paris. Originaire de La Réunion, Frère Mathieu succède à Frère Paul-Marie Taufana, dont il était le 1er conseiller provincial.

Agé de 67 ans, Frère Mathieu Sisahaye est né à Grand-Ilet sur l’île de La Réunion. Il est entré dans l’Ordre en 1975 et a fait profession solennelle en 1988. Il a notamment fait partie des trois Frères qui ont fondé la première communauté de l’Ordre à Madagascar en 2008.

Le nouveau supérieur provincial sera accompagné de quatre conseillers, élus dans l’après-midi du même jour :

Fr. Didier Lacau, 1er Conseiller

Fr. Jean-Guillaume Rasolondraibe, 2ème Conseiller

Fr. Emilien Ratsimandresy, 3ème Conseiller

Fr. Paul-Marie Taufana, 4ème Conseiller

Aujourd’hui, la province de France et de l’Océan indien des Frères de Saint Jean de Dieu compte une soixantaine de religieux qui œuvrent dans des structures sanitaires, sociales et médico-sociales en France, à Madagascar, à l’Île Maurice et à La Réunion avec le soutien de près de 2000 collaborateurs.

Présents sur les cinq continents, dans 54 pays, près de 1000 Frères hospitaliers accueillent, accompagnent et soignent plus d’un million de personnes en situation de vulnérabilité dans plus de 400 œuvres apostoliques, avec l’aide professionnelle de quelque 60 000 collaborateurs laïcs.

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Les Frères hospitaliers de Saint Jean de Dieu, réunis pour le 105ᵉ Chapitre provincial, sont entrés ce 26 février au soir dans la phase décisive de discernement qui précède l’élection du nouveau provincial et de son conseil. Après les temps d’écoute, de partage et de relecture, l’heure est désormais au silence, à l’intériorité et au discernement.

Dans cette étape déterminante pour la province, l’Ordre choisit de se placer humblement sous la lumière de la Parole de Dieu. L’homélie prononcée par l’un des facilitateurs du Chapitre, le Père Christophe Kerhardy, a permis d’éclairer ce moment particulier. A travers la figure de Jonas, il a rappelé que « Dieu confie sa mission à des hommes fragiles », qu’il relève et qu’il envoie, et que le véritable signe attendu n’est pas spectaculaire, « mais celui d’une communauté qui écoute et se convertit. »

Alors que commence ce temps de discernement électif, les Frères entrent volontairement dans une période de réserve et de silence. Ils confient l’avenir de la province à la prière de tous : Frères, collaborateurs, bénévoles, bienfaiteurs et amis de l’Ordre. Que chacun puisse s’unir à cette démarche spirituelle, afin que celui qui sera appelé au service de provincial soit, selon les mots du Père Christophe Kerhardy, « un signe de don, de paix et de service. »

Jonas,

Un homme de Dieu hésitant, une mission vécue à contre cœur, un prophète récalcitrant, une course missionnaire interrompue et trois jours perdus dans le ventre de la baleine au fond de l’abîme… Et soudain, la vie qui remonte, la parole qui est relancée et la ville qui se convertit, homme et animaux, petit et gros bétail disposés à écouter Dieu.

Jésus se saisit de cette épisode et déclare : « Il n’y a pas de signe plus grand. » Jonas, le plus grand signe de la Bible.

La grandeur du signe, ce n’est pas la tempête qui s’apaise, ni le ventre de la baleine, ni un prodige éclatant dans le ciel ; la grandeur du signe de Jonas c’est une communauté qui écoute, une communauté qui change, une communauté qui se convertit ; la grandeur du signe de Jonas, c’est Ninive. Le grande ville  s’ajuste à la volonté du Seigneur.

Le monde d’aujourd’hui réclame des signes, des garanties, des preuves, mais Dieu répond par une voix discrète, douce, fidèle, et pourtant dans un appel insistant. Sa voix  traverse les siècles et dit : « Convertis-toi et vis. »

Dans nos jours fatigués, où l’espérance tremble, où la foi se cache, où l’amour vacille, Jésus demeure le signe le plus parlant.

Il est la lumière que la nuit ne peut avaler, la résurrection qui ne se dément jamais, la promesse plus forte que le déclin.

Et maintenant, Frères, alors que notre chapitre se prépare à choisir un Frère pour la mission de provincial, écoutons la leçon de Jonas : Dieu fait confiance à des hommes fragiles ; il les relève, il les envoie, il les rend capables d’être au service des autres.

Que celui qui sera élu devienne un signe parmi nous :

  • un signe de don,
  • un signe de paix,
  • un signe de service.

Et que nous tous, portés par l’Esprit, soyons comme le peuple de Ninive qui entend la Parole, qui l’accueille et décide d’en vivre. Louons l’hospitalité de Ninive et laissons-nous inspirer par sa conversion expresse. Amen.

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Le Chapitre provincial donne souvent l’image d’un moment à part, presque suspendu. Pourtant, derrière ces quelques jours de discernement, plusieurs mois de travail ont précédé. Vincent Taillandier, facilitateur du Chapitre aux côtés du Père Christophe Kerhardy, et coach professionnel, revient sur la démarche engagée par la province.

Un Chapitre, ce n’est pas seulement quelques jours de réunion…

On a parfois l’impression que le Chapitre est une bulle, un moment clos, presque un conclave. En réalité, pour la province de France, l’ambition a été de construire les orientations ensemble, par un travail de réflexion en amont avec l’ensemble des membres de la Famille hospitalière.

La démarche s’est structurée en trois étapes. D’abord, un large temps de conversations sur le terrain autour des grands enjeux auquel l’Ordre fait face aujourd’hui. Huit rencontres ont été organisées, en France métropolitaine et dans l’Océan indien, réunissant Frères, collaborateurs, bénévoles, résidents, Sœurs. Près de mille contributions ont été recueillies. Elles expriment à la fois un vécu, des attentes, des points de vigilance et des propositions concrètes.

Avant l’ouverture du Chapitre proprement dit, une assemblée pré-capitulaire a ensuite permis de travailler ce matériel et de le synthétiser pour le transmettre au discernement des Frères. Le Chapitre s’inscrit donc dans une dynamique de continuité : accueillir, transformer, discerner.

Comment facilitez-vous un tel processus, en particulier au sein d’une congrégation religieuse ?

Il existe de nombreuses similitudes entre le fonctionnement d’une congrégation et celui d’une association, qui est mon cœur de métier. La particularité tient à la dimension spirituelle et communautaire, qui ajoute une profondeur supplémentaire au travail collectif.

L’enjeu majeur est d’inciter les participants à s’ouvrir, à être prêts à écouter des idées nouvelles, à se laisser déplacer. Nous sommes tous, Frères ou laïcs, limités par nos habitudes, nos schémas de pensée. Le travail collectif permet justement de dépasser ces limites.

Les Frères parlent volontiers d’écoute de l’Esprit Saint. Je le comprends comme une disponibilité intérieure : accueillir la parole de l’autre, accepter qu’elle nous transforme. La diversité des parcours, des cultures, des histoires au sein de la province est une richesse considérable, à condition de consentir à cette ouverture.

Quel message adresseriez-vous au futur gouvernement provincial ?

Il y a aujourd’hui déjà de nombreux messages forts issus de tout ce travail ! Peut-être n’en mesurons-nous pas encore toutes les conséquences. Le défi sera de s’approprier ces orientations et de discerner comment les mettre en œuvre concrètement.

La question sera, aussitôt après le Chapitre, de savoir par quoi commencer. Quel premier pas poser, qui en appellera d’autres ? Comment rester dans le dialogue et le discernement tout au long des quatre années à venir ? Le contexte peut évoluer, des priorités peuvent changer. L’essentiel sera de garder vivante cette capacité collective à écouter, à ajuster, à chercher ensemble une voie.

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Le 105e Chapitre provincial de la province Saint-Jean-Baptiste, réunissant une trentaine de Frères venus de France, de Madagascar, de l’Île Maurice et de La Réunion, s’est ouvert le 23 février à Paris. Pendant plusieurs jours, les participants auront la responsabilité de discerner les orientations qui guideront la mission hospitalière pour les quatre prochaines années et d’élire la nouvelle équipe de gouvernement provincial.

Un temps spirituel avant d’être organisationnel

La journée d’ouverture a débuté par la célébration de l’eucharistie dans la chapelle du Centre Lecourbe des Frères hospitaliers de Saint Jean de Dieu. La messe était présidée par Frère Christian Clavé et le Père Christophe Kerhardy, jésuite, qui anime le Chapitre tout au long de la semaine.

Au cours de l’homélie, le Père Christophe a replacé les travaux sous le signe de la relecture évangélique. Il a notamment rappelé que « l’hospitalité se vérifie dans des gestes simples comme donner à boire, visiter, accompagner, soigner… »

« Le Royaume de Dieu commence dans un verre d’eau, dans une chemise donnée, dans un morceau de pain partagé. À y regarder de près, la barre du jugement n’est pas très haute : on ne nous demande pas des exploits, mais de la bonté », a-t-il souligné, invitant les capitulaires à discerner non pas à partir de projets théoriques, mais à partir de ce qui a réellement été vécu.

« Le Chapitre n’est donc pas d’abord un exercice administratif, c’est un temps de conversion, un appel à recentrer la mission sur le Christ présent dans les personnes malades et vulnérables. »

Un monde en mutation, une hospitalité à réinventer

Dans son discours d’ouverture, le supérieur général, Frère Pascal Ahodegnon, a élargi la perspective en rappelant le contexte d’un monde marqué par l’intensification des vulnérabilités : précarité accrue, santé mentale fragilisée, vieillissement, crises économiques et climatiques.

Face à ces réalités, il a appelé les Frères à « élargir l’espace de la tente », à sortir des zones de confort et à ne pas se contenter de gérer l’existant. « L’hospitalité, a-t-il insisté, n’est pas un patrimoine à conserver mais une ‘médecine d’urgence’ pour un monde blessé. » Pour y répondre, il a présenté quatre axes : élargir la présence vers les périphéries humaines ; réactualiser le charisme face aux nouvelles pauvretés ; agir avec audace dans les champs social et médico-social ; renouveler la vie consacrée comme source intérieure de la mission.

Relire un mandat : gratitude, lucidité et transmission

La première journée était consacrée au bilan du quadriennat 2022-2026, présenté par le supérieur provincial sortant, Frère Paul-Marie Taufana. Ce dernier a d’abord exprimé sa reconnaissance envers les frères, les collaborateurs laïcs, les bénévoles et partenaires, rappelant que « l’hospitalité ne se décrète pas, elle se reçoit et se transmet. » Sur le plan missionnaire, il a rappelé plusieurs points majeurs de ces 4 dernières années, tels que l’augmentation du nombre de vocations dans l’Océan indien, le déplacement du centre de gravité de la province depuis la France vers l’Océan indien, la nécessité d’un approfondissement de la formation, pour les Frères comme pour les collaborateurs, et enfin un appel à clarifier la gouvernance et à articuler plus justement la relation entre l’Ordre et la Fondation.

« L’avenir ne réside pas d’abord dans la conservation des murs, mais dans la transmission du feu de l’hospitalité. »

Un Chapitre placé sous le signe de la transmission

Les collaborateurs et bénévoles de la Curie provinciale et du territoire de l’Océan indien ont ensuite présenté chacun leurs bilans. Au terme de cette première journée, une même préoccupation apparaît clairement : comment transmettre l’hospitalité dans un monde en mutation, au regard des enjeux sociétaux, éthiques, de laïcité… ?

Les prochains jours seront consacrés au discernement et à la définition des orientations concrètes qui guideront les quatre prochaines années de la vie de la province, ainsi qu’à l’élection du nouveau gouvernement provincial.

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Les 18 et 19 février, 80 Frères de Saint Jean de Dieu, Sœurs hospitalières et collaborateurs de la province de France – France et Océan indien – se sont réunis à Paris, pour vivre une assemblée pré-capitulaire en vue du 105ᵉ Chapitre provincial qui se tiendra à Angers du 23 au 27 février.

Deux jours de travail, de relecture et d’échanges pour proposer des orientations au Chapitre autour de 4 grandes thématiques : « L’Hospitalité de saint Jean de Dieu, source et identité vivante », « Gouverner ensemble dans un esprit de service », « Communautés et œuvres : bâtir une culture de la confiance », « Le soin spirituel et religieux dans l’accompagnement global ».

Faire mémoire pour mieux discerner

« Notre charisme d’hospitalité n’est pas un musée, a souligné Frère Etienne Sene, conseiller général, en ouverture de cette assemblée. C’est une force vivante qui nous pousse à nous adapter, à innover, à ouvrir des chemins. » A quelques jours du Chapitre provincial qui réunira les Frères hospitaliers pour la 105e fois depuis leur arrivée en France en 1602, une façon de rappeler l’enjeu de cet événement :

« Pour servir dans ce monde qui change, nous devons nous renouveler, tout en gardant en tête notre mission qui, elle, reste claire : servir, avec le cœur du Bon Samaritain. »

Ces journées ont permis de dresser un bilan du chemin parcouru par la Fondation Saint Jean de Dieu ces 4 dernières années, en présence de son président et de son directeur général, ainsi que de collaborateurs et de représentants des congrégations partenaires : développement de nouveaux dispositifs pour les personnes sans-abri, ouverture d’un centre ressources territoriales, mobilité européenne, ouverture de tiers-lieux, renforcement de la qualité de vie au travail, chemin vers la labellisation LUCIE 26000…

La Famille hospitalière, une responsabilité partagée

La présence des laïcs au sein de cette assemblée pré-capitulaire n’est pas symbolique. Elle traduit une réalité de l’Ordre depuis une vingtaine d’années : vivre la mission ensemble, Frères, Sœurs hospitalières, collaborateurs et bénévoles. Sous l’entité de la Famille hospitalière de Saint Jean de Dieu, « nous vivons l’hospitalité ensemble, dans la complémentarité de nos vocations », a rappelé Philippe Girard, président de la Fondation Saint Jean de Dieu et membre affilié de l’Ordre. « La Fondation est dépositaire d’un patrimoine humain et spirituel confié par les Frères. Notre responsabilité est double : préserver l’identité profonde de nos œuvres et en même temps continuer de répondre aux besoins d’aujourd’hui et de demain. »

Une hospitalité qui soigne la société

Les travaux étaient facilités par Vincent Taillandier et le Père Christophe Kerhardy, jésuite. Ce dernier, dans sa prière d’ouverture, a rappelé aux participants que l’enjeu de la rencontre s’inscrivait dans une perspective plus large que la seule mission de chacun : « Votre hospitalité soigne la société toute entière. Elle agit comme un remède qui vient contrer les forces qui fragmentent le tissu social. » « L’hospitalité, a-t-il ajouté, est sœur de l’amour et puise à la source du Bon Samaritain. Derrière nos mots, derrière nos choix, il n’y a pas d’abord des tableaux ou des organigrammes. Il y a des personnes, des visages. »

Des orientations remises au Chapitre

Pendant deux jours, les participants ont travaillé sur les quelque 1000 retours produits entre novembre 2025 et janvier 2026 sur l’ensemble du territoire de la province, en France et dans l’Océan indien. A leur tour, ils en ont tiré des orientations qui seront formellement remises aux Frères. Le Chapitre provincial aura désormais à entendre cette voix collective pour tracer le chemin des quatre prochaines années.

Cette assemblée a été un espace de vérité, de reconnaissance des joies comme des tensions, et d’engagement renouvelé. « L’hospitalité n’est pas une organisation, c’est une manière de regarder l’autre », a rappelé Philippe Girard. Et comme l’a conclu Frère Paul-Marie Taufana, au terme de huit années comme provincial :

« L’hospitalité, elle, ne se ferme jamais. Elle s’ouvre. Encore. Et toujours. »

 

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Le 105ᵉ Chapitre provincial des Frères hospitaliers de Saint Jean de Dieu est désormais entré dans sa phase active de préparation. En France comme dans les communautés de l’Océan indien, Frères et collaborateurs s’engagent dans un vaste temps de réflexion et de discernement, appelé à éclairer les priorités de la province pour les quatre années à venir.

Moment majeur de la vie de l’Ordre, le chapitre provincial se tient tous les quatre ans. Il constitue l’assemblée la plus importante pour les frères d’une province : un temps de prière, de dialogue et de décision collective, enraciné dans le charisme de l’hospitalité hérité de saint Jean de Dieu. Le prochain chapitre se déroulera du 23 au 27 février 2026 à Angers, mais il se prépare dès aujourd’hui, au plus près du terrain.

Dix ateliers pour penser l’hospitalité d’aujourd’hui et de demain

Pour soutenir ce chemin, dix ateliers préparatoires sont actuellement en cours sur l’ensemble de la province Saint Jean-Baptiste (France et Océan indien). Ils réunissent Frères et collaborateurs au cœur même des œuvres hospitalières. On y aborde des thèmes tels que : l’hospitalité comme identité vivante, la coopération, la protection des personnes, la gouvernance partagée, ou encore le soin spirituel et religieux dans l’accompagnement global.

Ces temps sont volontairement ouverts et créatifs. Ils permettent de prendre de la hauteur, de relire les pratiques, mais aussi de rêver et d’imaginer une hospitalité fidèle au charisme, capable de répondre aux fragilités d’aujourd’hui. D’autres ateliers concernent plus spécifiquement les Frères, qu’ils soient en France métropolitaine ou dans les communautés de l’Océan indien. Ils portent sur la vie communautaire et religieuse, la formation, l’organisation provinciale et l’implication missionnaire.

L’enjeu est clair : identifier les nouveaux besoins d’hospitalité et réfléchir aux moyens de donner davantage d’autonomie aux œuvres et aux équipes de terrain, afin de soutenir au mieux la mission.

Une démarche synodale inédite

Pour la première fois, la province s’engage résolument dans une démarche synodale, associant Frères et collaborateurs à différentes étapes du processus. Ce chemin se déploiera en deux temps forts :

  • une assemblée pré-capitulaire, les 18 et 19 février 2026, réunissant Frères et collaborateurs ;

  • le Chapitre provincial, réservé aux frères, du 23 au 27 février 2026.

En amont, sur chaque territoire, les ateliers rassemblent largement la Famille hospitalière : frères, sœurs, salariés, bénévoles, personnes accueillies et proches aidants. Cette diversité de regards nourrit un discernement ancré dans la réalité vécue des œuvres.

Marcher ensemble vers le Chapitre

À l’issue de ces travaux préparatoires et de la mise en commun des fruits des ateliers viendra alors le temps du chapitre proprement dit, durant lequel les Frères auront la responsabilité de discerner et de décider des orientations majeures pour les quatre prochaines années.

Ainsi, de la France à l’Océan indien, la province Saint Jean-Baptiste avance pas à pas, dans un esprit d’écoute, de confiance et de service. Un chemin exigeant, au service d’une hospitalité toujours plus vivante, fidèle à l’intuition fondatrice de son fondateur, saint Jean de Dieu.

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Depuis le premier Chapitre tenu en France en 1624, les Frères hospitaliers se réunissent régulièrement pour discerner ensemble la vie de l’Ordre et organiser leur mission.

L’hospitalité de saint Jean de Dieu est un héritage commun porté par les Frères, collaborateurs, bénévoles et bienfaiteurs. Les travaux préparatoires des collaborateurs rappellent que cet héritage n’est pas une mémoire figée mais une identité vivante, à faire rayonner et transmettre dans chaque établissement.