Fête de saint Jean de Dieu : raviver le don de l’Hospitalité

À l’occasion de la fête de saint Jean de Dieu, célébrée le 8 mars, le supérieur général de l’Ordre hospitalier, Frère Pascal Ahodegnon, a adressé une lettre à toute la Famille hospitalière. Dans un contexte mondial marqué par les crises et les mutations rapides de nos sociétés, il invite chacun à revenir à la source du charisme : l’hospitalité vécue comme un signe concret de la miséricorde de Dieu. 

Cette lettre résonne particulièrement avec les chapitres provinciaux qui se déroulent actuellement dans de nombreuses provinces de l’Ordre à travers le monde. Ces temps de discernement et de renouvellement sont précisément l’occasion de relire l’héritage de saint Jean de Dieu pour aujourd’hui.

« Nous sommes les temps »

Dans son message, Frère Pascal rappelle que saint Jean de Dieu a lui aussi vécu dans une époque troublée, marquée par la pauvreté, les conflits et de profondes inégalités sociales. Pourtant, c’est précisément dans ce contexte qu’est né le charisme de l’hospitalité. Pour éclairer cette situation, il cite une parole de saint Augustin :

« Ce sont des temps mauvais, des temps pénibles ! dit-on. Mais cherchons à bien vivre, et les temps seront bons. »

Et d’ajouter une interprétation forte :

« Les temps ne sont pas des entités abstraites : ils sont le résultat des choix et des actions des personnes. »

Autrement dit, chaque membre de la Famille hospitalière est appelé à devenir acteur du monde qu’il contribue à façonner. L’hospitalité n’est pas seulement une mission institutionnelle, elle est d’abord une manière d’être et de vivre.

Une hospitalité du cœur

Au cœur du message du supérieur général se trouve une conviction simple mais exigeante : l’hospitalité commence par le regard porté sur l’autre.

« Saint Jean de Dieu nous enseigne une hospitalité du cœur : celle qui commence par considérer l’autre comme un frère. »

Reconnaître dans chaque personne accueillie – malade, pauvre, exilé, collaborateur ou frère – « le visage du Christ souffrant et aimant » constitue, selon lui, le premier miracle de l’hospitalité. Dans un monde souvent marqué par la peur, la fatigue ou la résignation, vivre cette hospitalité signifie ainsi continuer à croire et à espérer :

« Étendre l’hospitalité signifie choisir d’aimer encore, de croire encore, d’espérer encore. »

Un charisme à transmettre

La lettre souligne également que le charisme de saint Jean de Dieu ne se réduit pas à des structures ou à des lieux. « Les institutions peuvent évoluer, mais la force de l’hospitalité demeure lorsqu’elle est vécue comme un feu de charité capable de se transmettre et de prendre de nouvelles formes. » Cette réflexion rejoint directement le sens des chapitres provinciaux actuellement vécus dans l’Ordre et plus particulièrement pour la province de France il y a quelques jours. L’occasion de discerner comment ce charisme peut continuer à répondre aux défis sanitaires, sociaux et spirituels de notre temps.

En conclusion, Frère Pascal invite à profiter de la fête de saint Jean de Dieu pour « raviver le don de l’Hospitalité que nous avons reçu gratuitement ». Dans un monde traversé par l’incertitude, cet appel résonne comme une mission à continuer à soigner, accueillir et aimer, afin que l’hospitalité demeure un signe vivant de l’Évangile au cœur de notre temps.