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Discours de clôture de Frère Mathieu Sisahaye

Discours de clôture du 105e Chapitre provincial

Frère Mathieu, Provincial

 

Frères Pascal et Joaquim,

Chers membres de l’Assemblée capitulaire,

Au Père Christophe, Vincent, Antoine et Marie,

A vous tous, frères et collaborateurs, amis de notre famille hospitalière,

Avant que le Père Général ne vienne clore nos travaux – placés sous l’appel de « Diffuser l’hospitalité dans un monde en mutation » – je reçois de vos mains cette mission de service. Je voudrais vous dire quelques mots simples, habités par une seule certitude : nous ne sommes pas seuls sur cette traversée.

Si je regarde le chemin parcouru ces derniers jours, mon premier sentiment est celui d’une profonde reconnaissance. Ce temps a été une véritable visitation de l’Esprit.

Depuis la voix du terrain, en métropole comme dans l’Océan Indien, jusqu’aux reformulations de l’assemblée pré-capitulaire, et enfin ici, au cœur de ce 105e Chapitre, nous avons travaillé, prié, débattu. Nous avons surtout discerné ensemble, cherchant sous le bruit du monde la note juste de notre mission d’hospitalité.

Cette quête commune, nous ne l’avons pas menée isolément.

Je salue avec une fraternité soulignée Frère Pascal Ahodegnon, notre Supérieur général, ainsi que les Frères Joaquim et Étienne. Votre présence à nos côtés n’a pas été une simple formalité. Elle a été le signe visible de notre unité avec l’Ordre universel. Merci de nous avoir guidés avec cette autorité qui n’impose pas, mais qui suscite la vie.

Ma reconnaissance s’étend à ceux qui ont rendu ce discernement possible dans le concret de nos journées :

  • Merci au Père Christophe, qui a été le gardien de la source : par ton animation, la Parole de Dieu n’a pas seulement été citée, elle est restée le centre de gravité de nos échanges.
  • Merci à Vincent, qui a bâti le temple de notre parole : grâce à ta méthode, notre liberté a trouvé son ordre et notre audace sa mesure.
  • Merci à Marie, dont la discrétion est le reflet de l’efficacité du cœur : ton travail silencieux est désormais gravé dans l’histoire de notre province.
  • Enfin, merci à l’équipe de la Curie, ces mains invisibles sans lesquelles ce corps provincial ne pourrait agir.

Mais au-delà de l’organisation de ce Chapitre, c’est l’histoire même de notre Province qui s’écrit dans la continuité des visages qui l’ont servie. C’est pourquoi je veux exprimer un hommage reconnaissant à notre Provincial sortant.

Cher Frère Paul-Marie, durant huit années, tu as porté cette mission avec un courage et une persévérance qui forcent le respect. Tu as guidé notre famille à travers les croissances et les épreuves avec un souci constant de la communion. Tu nous remets aujourd’hui une maison ouverte. Au nom de tous : merci pour ton dévouement total et, plus que tout, pour ton amour de notre famille religieuse. Tu as gardé la lampe allumée ; nous tâcherons, ensemble, de ne pas la laisser faiblir.

C’est précisément cette lumière que nous sommes appelés à porter au dehors, car ce Chapitre a révélé notre véritable visage : celui d’une fraternité qui ne nie pas les tensions, mais qui choisit de les traverser pour chercher la vérité.

Comme l’a prononcé le Père Général dans son mot introductif, « Diffuser l’hospitalité dans un monde en mutation » n’est pas un slogan pour nos brochures. C’est un acte prophétique. Dans un monde souvent dur et fragmenté, notre présence auprès des plus fragiles est l’Évangile en actes. C’est rendre à l’homme sa dignité d’enfant de Dieu par une écoute et une présence vraies.

Pourtant, soyons lucides : les orientations que nous avons adoptées aujourd’hui ne doivent pas rester un texte de papier. Elles doivent devenir notre boussole de feu. Je vous le dis avec humilité : cette ambition dépasse les seules forces d’un Provincial ou d’un Conseil.

La Province n’avancera que si chacun – frère, sœur, collaborateur – prend sa part dans un esprit de coresponsabilité. Nos besoins sont exigeants ? Tant mieux. Ils nous arrachent à la routine qui endort le charisme. Ils seront féconds si nous gardons un seul regard, celui porté sur la personne vulnérable qui nous est confiée.

Pour ma part, je ne suis pas saint Jean de Dieu. Je n’ai pas vocation à être un héros solitaire. Mon désir profond est d’être un frère parmi les frères, un serviteur de l’unité et un veilleur sur la mission. Si nous marchons ensemble, pas à pas, nous ne craindrons aucun défi, car l’hospitalité est une force qui ouvre l’avenir.

Pour conclure, je nous laisse cette image simple : une Province, c’est une main. Nos doigts sont différents, nos rôles divergent, nos forces varient. Mais c’est une seule main. Une main pour bénir, pour soigner, pour relever. Restons unis comme les cinq doigts de la main, non pour nous replier en un poing fermé, mais pour rester une main tendue vers l’autre.

Que le Seigneur et Saint Jean de Dieu bénissent notre Province et nous accordent cette fidélité créative dont nous aurons besoin.

À vous toutes et à vous tous, merci.

 

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