« Dieu fait confiance à des hommes fragiles »
Les Frères hospitaliers de Saint Jean de Dieu, réunis pour le 105ᵉ Chapitre provincial, sont entrés ce 26 février au soir dans la phase décisive de discernement qui précède l’élection du nouveau provincial et de son conseil. Après les temps d’écoute, de partage et de relecture, l’heure est désormais au silence, à l’intériorité et au discernement.
Dans cette étape déterminante pour la province, l’Ordre choisit de se placer humblement sous la lumière de la Parole de Dieu. L’homélie prononcée par l’un des facilitateurs du Chapitre, le Père Christophe Kerhardy, a permis d’éclairer ce moment particulier. A travers la figure de Jonas, il a rappelé que « Dieu confie sa mission à des hommes fragiles », qu’il relève et qu’il envoie, et que le véritable signe attendu n’est pas spectaculaire, « mais celui d’une communauté qui écoute et se convertit. »
Alors que commence ce temps de discernement électif, les Frères entrent volontairement dans une période de réserve et de silence. Ils confient l’avenir de la province à la prière de tous : Frères, collaborateurs, bénévoles, bienfaiteurs et amis de l’Ordre. Que chacun puisse s’unir à cette démarche spirituelle, afin que celui qui sera appelé au service de provincial soit, selon les mots du Père Christophe Kerhardy, « un signe de don, de paix et de service. »
Jonas,
Un homme de Dieu hésitant, une mission vécue à contre cœur, un prophète récalcitrant, une course missionnaire interrompue et trois jours perdus dans le ventre de la baleine au fond de l’abîme… Et soudain, la vie qui remonte, la parole qui est relancée et la ville qui se convertit, homme et animaux, petit et gros bétail disposés à écouter Dieu.
Jésus se saisit de cette épisode et déclare : « Il n’y a pas de signe plus grand. » Jonas, le plus grand signe de la Bible.
La grandeur du signe, ce n’est pas la tempête qui s’apaise, ni le ventre de la baleine, ni un prodige éclatant dans le ciel ; la grandeur du signe de Jonas c’est une communauté qui écoute, une communauté qui change, une communauté qui se convertit ; la grandeur du signe de Jonas, c’est Ninive. Le grande ville s’ajuste à la volonté du Seigneur.
Le monde d’aujourd’hui réclame des signes, des garanties, des preuves, mais Dieu répond par une voix discrète, douce, fidèle, et pourtant dans un appel insistant. Sa voix traverse les siècles et dit : « Convertis-toi et vis. »
Dans nos jours fatigués, où l’espérance tremble, où la foi se cache, où l’amour vacille, Jésus demeure le signe le plus parlant.
Il est la lumière que la nuit ne peut avaler, la résurrection qui ne se dément jamais, la promesse plus forte que le déclin.
Et maintenant, Frères, alors que notre chapitre se prépare à choisir un Frère pour la mission de provincial, écoutons la leçon de Jonas : Dieu fait confiance à des hommes fragiles ; il les relève, il les envoie, il les rend capables d’être au service des autres.
Que celui qui sera élu devienne un signe parmi nous :
- un signe de don,
- un signe de paix,
- un signe de service.
Et que nous tous, portés par l’Esprit, soyons comme le peuple de Ninive qui entend la Parole, qui l’accueille et décide d’en vivre. Louons l’hospitalité de Ninive et laissons-nous inspirer par sa conversion expresse. Amen.

